Demande d’interpellation : Pollution due au trafic à Bxl – Quels impacts à WSL et quelles actions la commune devrait-elle prendre ?

Publié le mardi 19 juin 2018

Bonjour,

A l’attention du Collège des Bourgmestre et Echevins de Woluwe-Saint-Lambert,

Par la présente, je vous demande de bien vouloir inscrire à l’ordre du jour du prochain Conseil Communal l’interpellation suivante :

Pollution due au trafic à Bruxelles – Quels impacts à Woluwe-Saint-Lambert et quelles actions la commune devrait-elle prendre ?

La pollution aux particules fines et au dioxyde d’azote, essentiellement, est responsable de 400.000 morts prématurés dans l’Union européenne. En Belgique, l’Agence Européenne pour l’environnement estime à 8340 le nombre de décès dus aux particules fines et à 1870 les décès annuels dus au dioxyde d’azote (NO2) selon les chiffres 2015 !

Si la Belgique a vu une amélioration relative pour les particules très fines (PM2.5), elle fait nettement moins bien pour le dioxyde d’azote (NO2). Quatre stations sont en dépassement (2 à Bruxelles et 2 à Anvers), 6 flirtent avec la limite européenne annuelle autorisée de 40 microgrammes par mètre cube (Recommandation OMS) (3 à Anvers, 1 à Gand et 2 à Bruxelles). A Bruxelles, les lieux problématiques sont l’avenue de la Couronne (Ixelles), l’avant-port à Haren, Woluwe-Saint-Lambert (Gulledelle – E40) et Molenbeek. En 2016, la situation s’est même aggravée à Bruxelles en passant de 45 à 48 microgrammes. Selon le rapport européen, la Belgique fait partie des pays où le taux de la mortalité dû à l’exposition à la pollution au NO2 est le plus important (avec l’Italie, le Royaume-Uni, la Serbie et l’Allemagne). La première cause de la pollution au NO2 est le transport routier, principalement les véhicules utilisant le diesel.

Qu’en est-il précisément à Woluwe-Saint-Lambert ?

Pour le savoir, la locale Ecolo a participé à un projet de placement d’éprouvettes à travers la commune (le NO2 est mesuré relativement facilement). Cela a été réalisé par Ecolo et Groen à travers plusieurs communes. Pour effectuer les mesures, nous avons choisi 5 points de passage très fréquentés par les habitants et les personnes qui traversent la commune pour se rendre à leur travail, se rendre à l’école avec leurs enfants ou faire leurs courses. Les voiries choisies sont donc plutôt régionales mais cela ne change rien aux résultats. La pollution au NO2 ne reste pas cantonnée le long des voiries et le NO2 pouvant subsister au-delà d’un jour, on le retrouve partout dans la commune. Les mesures ont été prises entre le 20 février et le 20 mars.

Les 5 lieux de mesures dans notre commune (au total 10 éprouvettes, 2 par site) :

  • Wolubilis, à l’angle PH. Spaak - Neerveld et à l’angle PH. Spaak – Brel ;
  • Square Vergote, de part et d’autre de l’arrêt du bus 28, sur le contre allée Brand Whitlock côté est ;
  • Square de Meudon, angle Parc G. Henri – av G. Henri et angle Parc G. Henri - Montagne des Cerisiers ;
  • Rond-point av des Communautés (proche Cora) au bord de la rampe de et vers la E40 ;
  • Rond-point J. Charlotte de part et d’autre de l’avenue de Broqueville.

Les résultats après pondération et validation par les scientifiques sont les suivants : Résultats des mesures

Carte des mesures avec résultats

Indications et conclusions sur les taux mesurés :

  • Un air peu pollué « acceptable » contiendrait entre 10 et 20 micro grammes de gaz NO2 par m3 d’air ;
  • 40 micro grammes/m3 est le niveau maximum à ne pas dépasser qui constitue la norme Européenne légale ;
  • A WSL, les écarts entre mesures sont faibles et la situation est tristement banale avec un niveau de pollution proche ou supérieur à 35 micro grammes/m3 de façon généralisée. Ne vous y trompez-pas, c’est très mauvais !
  • Comme attendu, le niveau maximum est dépassé à proximité de l’E40. Or, cette zone borde la zone résidentielle des Constellations et du Val d’Or, il ne faut pas l’oublier !
  • Sur une échelle linéaire, par rapport à la population belge et sachant que les urbains sont particulièrement exposés, à WSL la mortalité estimée est supérieure à 10 pour le NO2 et 46 pour les particules fines.

J’en viens à mes questions :

Le Collège a jugé utile et souhaitable de consacrer des efforts et des moyens à une campagne de lutte contre le bruit des avions. Des affiches ont été placardées sur des bâtiments publics dont des écoles et des crêches. Pourtant, il est reconnu que la morbidité résultant du bruit des avions est loin d’atteindre un niveau comparable à celle qui est à présent démontrée pour le NO2 et les particules fines :

  1. Quand allez-vous consacrer les mêmes moyens ou des moyens supérieurs à la lutte contre la pollution NO2 & PM2.5 ?
  2. Comment allez-vous communiquer vers les habitants que dans l’intérêt de leur santé et celle de leurs enfants, il est très souhaitable et urgent de renoncer aux véhicules diesel en priorité ?
  3. Qu’attendez-vous pour montrer l’exemple et accélérer le remplacement de TOUS les véhicules diesel utilisés par les services communaux ?
  4. Comment comptez-vous lancer une prévention efficace contre l’habitude de nombre d’automobilistes dont des conducteurs de véhicules communaux de laisser tourner leur moteur, surtout en hiver quand ils sont en attente devant un chantier, un commerce, une école, etc ?

Je vous remercie d’avance pour les réponses que vous apporterez à mes questions.

Pour écolo :

Jean-Claude Van der Auwera

0475 490954

jc.vanderauwera@gmail.com