Propositions de WIQ pour la création d’un groupe de travail (26/2/2010)

(Reprise d’un document publié le 26 février 2010)

Publié le mardi 4 octobre 2011
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Pour la création d’un groupe de travail

Remarques et propositions pour le projet de réaménagement de la place Saint-Lambert

(texte envoyé au Collège des Bourgmestre et Echevins et destiné à une large diffusion)

Voir ci-après quelques réactions à la proposition communale d’aménagement de la place Saint-Lambert. Ces premières réflexions doivent être considérées comme étant des éléments qui serviront à alimenter la discussion lors des réunions qui seront, nous l’espérons, organisées dans le cadre du réaménagement de la place Saint-Lambert.

Le projet présenté

Le plan reflète une quasi officialisation de la situation actuelle, excepté pour le centre de la place qui est dégagée du stationnement ; par contre, un parking est proposé sur la placette au boulevard de la Woluwe. Les objectifs de ce plan semblent être d’une part, de maintenir la circulation devant les magasins situés sous le bâtiment Vandenhove et d’autre part, d’augmenter le nombre de places de stationnement, tout en maintenant les diverses fonctions qui se déroulent actuellement sur la place : marchés, brocantes et évènements ponctuels. Il est clair que ces objectifs rencontrent particulièrement la demande d’un type d’usagers des lieux, les commerçants. Ainsi, le plan fait la part belle à un certain type de mobilité qui est l’usage de la voiture.

Les parkings

Le nombre actuel de places de parking est de 81. Le service des aménagements urbains en compterait 95 ou 99, selon les moments. Nous demandons que l’on nous fournisse un plan de la situation actuelle avec l’emplacement des parkings légaux. Par ailleurs, le projet prévoit d’augmenter le nombre de parking puisqu’il en est proposé 102. Si le parking semble indispensable à certains pour le commerce, ce qui est loin d’être prouvé tant de multiples expériences démontrent le contraire, il reste que tout charroi supplémentaire crée de nouvelles nuisances pour les riverains déjà forts importunés par la présence du Shopping. Y a-t-il eu une étude pour déterminer le nombre de parking à implanter dans la zone ? Par ailleurs, dans le cadre d’une réflexion plus globale à propos de la pollution atmosphérique et du changement climatique et dans le cadre plus local de la mise en place de l’Agenda 21 communal, aller vers une démarche de diminution de la pression automobile devient non seulement souhaitable, mais indispensable.

La circulation automobile

La sécurité automobile : le projet ne résout pas le stationnement sauvage dangereux sur les grands angles de la place, ni la possibilité de faire des manœuvres scabreuses sur les « mers d’asphalte », pas plus que la possibilité de dépasser le bus à l’arrêt. La largeur de la rue Voot n’est quasi pas réduite et la courbe de la rue permet toujours des vitesses trop élevées. Par ailleurs, la configuration de l’entrée de la rue Saint-Lambert reste trop large, ce qui permet des vitesses trop élevées et ce qui n’est pas dissuasif pour empêcher les véhicules de gros tonnages pourtant interdits de l’emprunter.

La circulation piétonne

Vu le maintien de larges zones d’asphalte, la sécurité piétonne ne sera toujours pas assurée : passages piétons éloignés du cheminement naturel des piétons, îlot central cerné de voiries, absence de sécurisation de la traversée entre la place et certains commerces que sont la pharmacie et les restaurants de la rue Voot, … De plus, pour profiter de la place, il faut à chaque fois traverser des voiries. A-t-on étudié la possibilité de créer une véritable place piétonne comme le proposait le projet de 2002 ?

La mobilité multimodale

Pour encourager le citoyen à réfléchir au mode de déplacement qu’il devrait utiliser selon les situations, il y a lieu de lui offrir sur le site un vaste choix en la matière : parking vélos, station de voitures partagées et à l’avenir une station de vélos « Villo ».

Quelle image ? Quels usages ? Quelle place ?

  • Quels sont les objectifs généraux préalables qui ont guidé ce projet ?
  • La place est-elle toujours un pôle culturel ou devient-elle juste un pôle commercial ?
  • Quelle sera son identité ou sa carte de visite ?
  • Comment son aménagement participera-t-il à la compréhension de son image ?
  • Comment l’Horeca profitera-t-il du réaménagement ?
  • Quelle visibilité sera mise en place pour les commerces ?
  • Pourquoi ne pas charger un bureau d’étude de recommandations pour la revitalisation des commerces de la place Saint-Lambert ?
  • Comment seront pris en compte les besoins des habitants en terme de sécurité, de quiétude, de mobilité et de stationnement ?
  • Comment ce projet s’inscrit-il dans le « cheminement convivial » promis par le Bourgmestre entre les 2 pôles culturels que constituent le Wolubilis et la place Saint-Lambert ?
  • Comment sont intégrés au projet, les Ateliers de la rue Voot qui constituent une vitrine unique en matière de mobilité douce et de développement durable en région bruxelloise ?
  • Comment sont associés les pôles culturels que sont les Ateliers de la rue Voot et les Ateliers Malou ?
  • A-t-on tenu compte de la problématique des inondations ?
  • Comment la mise en valeur de l’ensemble des architectures est-elle pensée ?
  • Comment sont les perspectives sont-elles créées ?
  • Pourquoi ne pas organiser un concours d’architecture/urbanisme ?

Pour nous, toutes ces questions, sans réponse aujourd’hui, nous empêchent d’avoir une vision claire de ce que devrait être le réaménagement de la place.

Nous demandons une approche plus globale

Le projet ne modifiant pas intrinsèquement la situation actuelle, l’urgence ne peut être invoquée pour déterminer l’avenir de cette place en dehors de ses contextes géographiques, économiques et socioculturels. Investir deux millions d’euros en dehors d’une réflexion qui démontrerait la pertinence de cette dépense serait une entreprise hasardeuse. Pour nous, aucune idée maîtresse ne soutient ce projet. Il est sans originalité et ne parle pas de son contexte. Même si des incertitudes existent, notamment quant à l’arrivée du tram 94 et le projet d’extension du Shopping, la Commune devrait abandonner son attitude attentiste et développer un projet cohérent en phase avec les développements futurs cités plus haut. Nous demandons de développer un schéma directeur qui engloberait la zone géographique comprise entre le coin Neerveld/Woluwe jusqu’à la drève Grange aux Dîmes ; cet axe comprenant le site de Wolubilis, l’avenue Paul Hymans, la rue Saint-Lambert, le Shopping, le boulevard de la Woluwe, le parc situé entre la rue Saint-Lambert et le boulevard de la Woluwe, la place Saint-Lambert, la rue Voot , la rue Vandenhoven et la zone verte au bas de l’Hof-ter-Brussel.

La mise sur pied d’un groupe de travail

Vu les nombreuses incertitudes et questions posées plus haut dans notre courrier, nous réitérons notre demande exprimée lors de la séance publique d’information du 10 février 2010, d’organiser un groupe de travail.

Le premier travail de ce groupe serait de définir des objectifs et de créer un agenda de réunions.

Ce groupe permettrait en premier lieu la rencontre entre des groupes d’usagers qui ont, à priori, des demandes divergentes. Prendre le temps d’entendre et de comprendre les demandes spécifiques des uns et des autres, participerait à dédramatiser le débat.

Ensuite, pouvoir inscrire le projet de réaménagement dans le cadre d’une réflexion plus large pourrait ouvrir des pistes méconnues aujourd’hui, mais sans doute porteuses d’un aménagement de qualité.

Notre proposition est de mettre autour de la table, sous les auspices de l’autorité communale, des représentants de la Commune (Aménagement urbain, Cellule mobilité, Urbanisme, Agenda 21, Jardins Publics, …), des commerçants, des comités de quartiers, du milieu culturel et certains usagers. Un plus serait de s’adjoindre des compétences extérieures expertes en la matière, comme un bureau d’urbanistes.

Bernard Devillers - coordinateur